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LE BULLETIN SIMPLI-CITÉ DU RQSV

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Bulletin Simpli-Cité : Vol. 8, No. 4, Hiver 2008

Le thème de ce bulletin est : « MOURIR...SIMPLEMENT ?  »

Sommaire

      Éditorial (vous pouvez le lire ici)

  • « Mourir... Simplement ? » par Diane Gariépy

  • « Supplique pour être enterré sans polluer» par Dominique d’Anjou
  • « Les cercueils de Don Felipe » par Guylaine Martin
  • « Agrandir les cimetières ou nourrir le monde ?» par Guylaine Martin
  • « Petit exercice de miroir dans le bois de Lorraine» par Normand Lebel
  • « L’hécatombe orangée ou le triste sort des citrouilles» par Hélène Levac
  • « Six pieds sous terre, Jojo, tu n’es pas mort» par Jacinthe Laforte
  • « Pour respecter les dernières volontés...» par Julie Arseneau
  • « Le silence se meurt !» par Diane Gariépy
  • « Bien mourir... » par Jean-Luc Hétu
  • « Renifler l’odeur de la terre mouillée...» par Catherine Beau-Ferron
  • « Réflexions sur la mort » par Françoise Bouglé
  • « Mourir en toute simplicité, c’est quoi? » par Sophie Legault
  • « Les bibliothèques, temples du savoir diponible» par Arthur Lacomme
  • « Objecteurs de croissance » par Serge Mongeau
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Éditorial

Mourir... Simplement ?

Proposer un Simpli-Cité sur le thème de la mort, un numéro qui sortirait en janvier (et non pas en novembre, LE mois des morts), c’était risqué.

Mais mon intuition s’est avérée juste : sous le couvert touffu de la jungle néo-libérale, des Simplicitaires n’avaient pas peur de sortir des ornières et de briser le tabou de la mort et de ses faux-fuyants. Ils se sont d’ailleurs commis dans de fort beaux textes. Des textes lucides, remplis de sens, émouvants à souhait, pas idéologiques pour deux sous, et parfois même… drôles!

Comme la simplicité volontaire, la mort se manifeste à contre-courant d’une société de performance et de course à l’exploitation des ressources de la planète pour posséder plus, plus, plus…

La mort défait nos plans. Elle est inéluctable. Tout le monde doit mourir. Richesses, puissance, contrôle, domination, vanité. Rien ne s’emporte en paradis. Comme le dit si bien la chanson : «Tout le monde veut aller au ciel, oui, mais personne ne veut mourir ! ». D’autres diront que la mort, c’est le seul domaine où règne la justice sur terre.

Personne ne veut mourir. Voilà bien là le drame. Nous sommes pourvuEs d’instinct pour conserver la vie : respirer, boire, manger, aimer, se reproduire. Étrangement, il ne semble pas y avoir d’instinct au niveau des individus pour nous guider vers la mort... sinon le suicide, la dépression, la guerre, et quelques autres manifestations du genre qui nous glacent d’horreur rien qu’à y penser.

La mort est pourtant naturelle. Les pommes de terre qui germent se ratatinent au profit d’une tige toute neuve qui assurera la pérennité de l’espèce. Les humains, comme les patates (je m’excuse, mais c’est comme ça!) meurent pour laisser la place à de jeunes pousses : les bébés de l’année.

Évidemment, il est plus facile d’accepter la mort quand elle se présente au soir de la vie. «Grand-maman est morte parce qu’elle avait fini sa vie. » Toutes les autres mortalités nous sont plus difficiles à accepter. Et la nôtre, comme individu, nous est particulièrement difficile à envisager. Parce que c’est ainsi que notre civilisation occidentale nous a
tricotéEs : notre petite personne occuperait une place incroyable dans l’univers. Alors qu’il en va tout autrement dans un tas d’autres régions du monde où chacun des individus se fond dans la collectivité, la tribu, le grand Tout. J’aimerais bien être née dans cet « ailleurs ».

Ici, nous éprouvons une telle frustration à l’idée de notre propre mort que nous nous comportons comme si elle ne devait jamais arriver. C’est le déni. Même quand vient la mort d’un de nos proches, nous ne nous arrêtons pratiquement plus : les services funéraires font à notre place et avec célérité ce qu’on leur dit de faire, moyennant rémunération. Mais la mort n’est pas pressée; elle nous attend tous et toutes. Elle est naturelle et inéluctable.

La mort correspond, oui, finalement, à une espèce d’instinct collectif au service de la vie. Comme dans une course à relais, nous naissons, nous nous reproduisons et nous mourons pour laisser la place à la génération que nous avons engendrée. C’est le truc que Dame Nature a trouvé pour que la vie sur notre planète puisse durer, durer, durer.

La mort d’un de nos proches est toujours une terrible leçon de vie. La mort nous invite à vivre à fond (je ne veux pas dire se défoncer !) pendant un temps «X» connu des dieux seuls, mais où nous pouvons choisir de vivre l’intensité du moment présent.

La simplicité volontaire vient nous rappeler que pour vivre intensément ce moment présent (généralement pour prendre bien soin du monde que l’on aime), mieux
vaut ne pas être trop absorbées par la surconsommation, l’accumulation des biens dans la course effrénée au standing social des «happy few».

Il n’y a qu’une justice : la mort. Et c’est une force de vie.

 

 

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